Affaire Jubillar : un phénomène inhabituel prend de l’ampleur depuis la découverte des ossements de Delphine
Depuis la découverte des ossements de Delphine Jubillar le 16 juillet dernier à Mailhoc, certains curieux continuent de se rendre sur les lieux malgré l’interdiction mise en place. Face à ces déplacements répétés, le maire a décidé de prolonger l’arrêté municipal jusqu’au 31 août, à la demande des gendarmes, rapporte La Dépêche du Midi.
Résumé de l'article
Depuis la découverte des ossements de Delphine, un afflux inhabituel de visiteurs sur le site inquiète, conduisant à une interdiction prolongée d'accès par les autorités.
Depuis que les ossements de Delphine Aussaguel ont été retrouvés le 16 juillet dans un champ près de Mailhoc (Tarn), un phénomène inattendu s’est installé autour du lieu de découverte : des personnes se rendent désormais sur place, certaines par curiosité, d’autres avec l’intention de chercher elles-mêmes des éléments. Une situation qui inquiète les autorités, alors que Cédric Jubillar a fini par indiquer aux enquêteurs où se trouvait le corps de son ex-femme.
Face à ces déplacements, les autorités ont donc rapidement décidé d’agir. Le maire de Mailhoc, Jean-Marc Escoutes, a en effet pris un arrêté municipal pour empêcher l’accès à cette zone sensible. Prévue initialement jusqu’au 31 juillet dernier, l’interdiction a finalement été prolongée jusqu’au 31 août 2026 à la demande des gendarmes, rapporte La Dépêche du Midi. Une décision prise pour éviter que ce lieu clé de l’affaire ne devienne un point de rassemblement pour les curieux.
Affaire Jubillar : ce phénomène inquiétant prend de l’ampleur depuis la découverte des ossements de Delphine
Et pour cause, ce que le maire de Mailhoc a découvert sur place l’a particulièrement interpellé. Fin juillet, Jean-Marc Escoutes expliquait en effet à France 3 Occitanie avoir retrouvé "une dizaine de personnes sur place", dont certaines étaient venues avec "une pelle, un tamis et le matériel nécessaire" pour retourner "méthodiquement le terrain pour essayer de retrouver un maximum d'éléments." D’autres visiteurs étaient simplement présents pour prendre des photos du lieu devenu clé dans l’affaire Jubillar.
Mais encore aujourd'hui, plusieurs semaines après la découverte des ossements de Delphine Aussaguel, la curiosité autour du site semble toujours aussi présente. "Je pensais que les gens ne venaient plus, mais pas plus tard qu’hier, un voisin m’a dit qu’il avait vu quatre voitures stationnées au bord du champ", a en effet confié le maire à La Dépêche du Midi. Une situation qui l’a donc poussé à maintenir l’interdiction d’accès au secteur jusqu’au 31 août.
Un tourisme morbide
Jean-Marc Escoutes ne cache pas sa surprise face à la persistance de ce "tourisme morbide" autour de cette scène de crime où les ossements de Delphine Aussaguel ont été retrouvés. "Qu'il ait fallu le prendre en juillet, lorsque les fouilles se sont terminées, je n'étais pas surpris parce que je m'attendais à ce que les lieux attirent des gens. En revanche, j'étais surpris par cette demande de prolongation. J'espère sincèrement que ça va se tasser maintenant", a-t-il ainsi déclaré.
Pour expliquer ce phénomène, le psychiatre Daniel Zagury, cité par Le Parisien, évoque un véritable "fantasme collectif." Selon lui, certains imaginent qu’en unissant leurs efforts, ils pourraient participer eux-mêmes à l’enquête. Le professeur Patrick-Ange Raoult parle aussi d’une "curiosité morbide qui habite tout un chacun" et d’un besoin de donner du sens à un drame difficile à comprendre. "Face à quelque chose d'incompréhensible, c'est une manière de gérer un petit peu l'anxiété que produit le non-savoir, le non-sens, c'est une façon de maîtriser ce qui a pu se passer", a-t-il expliqué.
"Les analyses scientifiques ne laissent aucune place au doute" : les ossements retrouvés dans le Tarn appartiennent bien à Delphine Jubillar, voici ce que l’on sait https://t.co/1ZuIcOrnRw pic.twitter.com/A7vpY4yE0x
— GOSSIP ROOM (@GossipRoomOff) July 20, 2026