Cédric Jubillar : un élément retrouvé dans la maison du couple met à mal sa version de l'étranglement
Condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine Aussaguel, qu'il a fini par avouer, Cédric Jubillar doit désormais se préparer à son procès en appel. Mais dans le Tarn, un élément matériel crucial vient soudain bousculer sa version des faits.
Résumé de l'article
Une paire de lunettes endommagée retrouvée au domicile du couple remet en cause la version de Cédric Jubillar concernant les circonstances du décès de son épouse.
Après cinq ans de déni, Cédric Jubillar est finalement passé aux aveux en juillet dernier. Condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle, il a en effet reconnu avoir étranglé son épouse Delphine Aussaguel en décembre 2020, avant de révéler l'emplacement de son corps. "Je reconnais être l'auteur de la disparition de mon épouse", a-t-il ainsi déclaré, avant d'ajouter : "Elle a dit quelque chose qui m'a fait péter les plombs (...) je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou et j'ai serré".
Cette tentative de victimisation a provoqué la colère de la famille de Delphine. Sur Franceinfo le 22 juillet, Maître Philippe Pressecq, avocat d'une cousine de la victime, s'est dit indigné : "Je suis assez horrifié par ses déclarations, j'ai le sentiment qu'il vient de tuer sa femme deux fois". Selon lui, Jubillar essaie aujourd'hui de faire porter la faute à sa victime. Le procès en appel, prévu en septembre 2026, a d'ailleurs été reporté au premier semestre 2027 afin d'analyser ces nouveaux éléments.
Cet élément retrouvé au domicile familial qui met à mal la version de Cédric Jubillar
Parmi les indices matériels du dossier, une paire de lunettes retrouvée dans la maison familiale continue d'intriguer les enquêteurs. Celle de Delphine Aussaguel présentait en effet une branche cassée et un verre fortement déformé. Lors du procès, un expert a estimé que ces dégâts venaient d'un choc d'une rare violence, parlant même d'"une masse de 2 kg lancée à une vitesse de 32 km/h", comme le rapportent nos confrères de La Dépêche du Midi.
Ce détail prend une tournure particulièrement troublante à la lumière d'autres témoignages. Plusieurs collègues de la jeune femme assurent en effet que ses lunettes étaient en parfait état juste avant sa disparition, sans la moindre trace de choc ou de fêlure. Un décalage frappant, qui vient semer le doute sur la version livrée par Cédric Jubillar, et qui pourrait bien peser lourd dans la suite de la procédure judiciaire, alors que le dossier est encore loin d'être refermé.
La version de la strangulation remise en question
Pourtant, face à la conseillère de la cour d'appel de Toulouse le 15 juillet dernier, Cédric Jubillar n'a évoqué aucune violence physique de ce genre. Il s'est contenté de décrire une dispute verbale ayant dégénéré en étranglement, sans mentionner le moindre coup porté. "Je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou, je l'ai serrée. Quand je faisais ça, elle était en face de moi, je me souviens que je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard. Elle est tombée inerte", avait-il déclaré.
Un fossé sépare donc les expertises scientifiques du récit livré par l'accusé, qui n'a jamais fait mention de coups. Ce décalage relance ainsi l'hypothèse selon laquelle Delphine Aussaguel aurait subi de violents coups avant d'être étranglée, une version des faits que Jubillar continue pour l'instant de passer sous silence. De quoi alimenter un peu plus les zones d'ombre qui entourent encore ce dossier, alors que la défense devra sans doute s'expliquer sur ce point précis à l'approche du procès en appel.
Les aveux de Cédric Jubillar semblent éclaircir le déroulé de la nuit de la disparition de Delphine.
— Le Journal du Centre (@lejdc_fr) August 3, 2026
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