Top Chef : un ancien candidat accusé de harcèlement par 10 employés de sa boulangerie-pâtisserie
L’ancien candidat de Top Chef dément les accusations de management toxique et de comportements sexuels déplacés.
Résumé de l'article
Dix anciens employés accusent un ex-candidat de Top Chef de harcèlement moral, sexualisé et d’un management toxique dans sa boulangerie-pâtisserie, ce qu’il réfute fermement.
L’émission Top Chef se retrouve une nouvelle fois associée à une polémique. Après les accusations visant Jean Imbert, un autre ancien candidat, déjà accusé d'être un patron toxique, fait aujourd’hui l’objet de lourds témoignages.
Plusieurs anciens salariés de la boulangerie-pâtisserie Panade accusent Merouan Bounekraf de harcèlement moral, comportements sexuels déplacés et management toxique. Le chef qui a taclé Philippe Etchebest dément fermement l’ensemble des accusations.
Des anciens salariés dénoncent un climat toxique
Selon une enquête publiée par Le Nouvel Obs, 10 anciens employés de la boulangerie Panade, située dans le XVe arrondissement de Paris, mettent en cause Merouan Bounekraf. Plusieurs témoignages évoquent des insultes, des humiliations répétées et des méthodes de management jugées agressives. Un ex-salarié affirme notamment avoir été traité “d’incapable” après un arrêt de travail. Un autre raconte que le chef lui aurait ordonné de nettoyer des excréments de souris avant de l’insulter face à son refus. “Je me suis senti comme une merde”, confie l’un des plaignants. Une plainte pour “harcèlement moral” aurait déjà été déposée fin 2025. De son côté, le chef assure ne pas avoir été convoqué par la justice.
Les témoignages recueillis décrivent aussi une ambiance particulièrement lourde au sein de l’établissement. Certains anciens employés évoquent des menaces visant leur réputation s’ils quittaient l’entreprise. D’autres dénoncent des problèmes d’hygiène persistants. Une ancienne stagiaire affirme qu’il y avait “tellement de cafards qu’on finissait par les laisser”, tandis qu’un ex-collègue parle d’“une souris noyée dans un seau de praliné”. Merouan Bounekraf rejette ces accusations et qualifie ces propos de “diffamatoires”. Il affirme également que les contrôles sanitaires validaient régulièrement l’état de ses installations. Malgré ces démentis, plusieurs anciens salariés décrivent un environnement de travail anxiogène, marqué par des tensions permanentes et des remarques jugées humiliantes.
Des accusations à caractère sexuel particulièrement graves
Au-delà du management dénoncé, plusieurs ex-employés accusent aussi le chef de comportements à connotation sexuelle. Certains évoquent des propos crus et répétés dans les cuisines de Panade. Un ancien apprenti raconte notamment que Merouan Bounekraf criait régulièrement des phrases sexuelles explicites devant les équipes. Il affirme aussi que le chef faisait des remarques intimes sur la vie privée de certains salariés. D’après plusieurs témoignages, certains produits vendus dans la boutique portaient également des noms jugés vulgaires ou dégradants. Une ancienne vendeuse explique avoir été très mal à l’aise lorsqu’on lui demandait d’aller chercher des pâtisseries aux appellations sexuelles. Plusieurs femmes dénoncent ainsi une ambiance “très macho” et dégradante au quotidien dans la boutique.
Les accusations les plus graves concernent toutefois des gestes appelés “olives”, consistant à toucher les fesses d’une personne par surprise à travers les vêtements. Deux anciens salariés, mineurs au moment des faits présumés, affirment avoir subi ce type de gestes. Un autre témoin confirme avoir assisté à de telles scènes. “J’ai pu en rigoler, mais ce climat m’a durablement marqué”, explique l’un d’eux. "Quand il descendait au labo, il pouvait gueuler : "J’ai envie de bouffer une chatte“ […], il racontait que les femmes trouvaient que son sperme avait un goût de truffe […], il me demandait si je couchais". Face à ces accusations, Merouan Bounekraf dément catégoriquement tout harcèlement sexuel. Il affirme que les témoignages concernant ces gestes sont “faux” et “extrêmement graves”. Le chef reconnaît toutefois avoir conscience du “caractère clivant” de sa personnalité et de son humour, qu’il assure ne jamais vouloir dégradant envers ses employés.