Jean Pormanove : un an après son décès, la prison requise contre le streamer Naruto

Depuis ce lundi, Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi comparaissent devant le tribunal de Nice pour des faits de violence commis en direct sur la plateforme Kick, visant notamment Jean Pormanove. Tous les détails.

Publié le par Faustine Jehanne
Jean Pormanove : un an après son décès, la prison requise contre le streamer Naruto
© AFP/Valery Hache

Résumé de l'article

Naruto et Safine sont jugés à Nice pour des violences répétées en direct sur Kick, avec des peines de prison et un possible bannissement numérique à la clé.

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Tout sur Jean Pormanove

Humilier quelqu'un en direct devant des milliers de spectateurs juste pour des vues, peut-il vraiment rester impuni ? La justice vient d'apporter un début de réponse. Ce mardi, à Nice, les réquisitions sont en effet tombées à l'encontre des streamers Naruto et Safine, jugés pour des faits de violence commis en ligne sur la plateforme Kick. Pour le premier, la procureure a requis trente mois de prison, dont 18 mois assortis d'un sursis probatoire, ainsi qu'une lourde amende de 30 000 euros.

Contre Safine, l'autre streamer impliqué dans cette affaire, la procureure a cette fois demandé 18 mois de prison avec sursis probatoire, assortis d'une amende de 15 000 euros. Mais c'est surtout une autre mesure qui retient l'attention : dans les deux cas, l'accusation a en effet réclamé une sanction pour le moins inédite, à savoir un "bannissement numérique", soit une interdiction à vie de publier du contenu sur les plateformes en ligne.

Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi jugés au tribunal de Nice un an après la mort de Jean Pormanove

Cette audience ne concernait pas directement le décès de l'ancien militaire Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, survenu en août 2025 au terme d'un live marathon de douze jours. L'autopsie pratiquée à l'époque avait en effet permis d'écarter toute intervention extérieure dans ce décès, comme l'indiquaient alors les conclusions médicales : "Le décès n'a pas une origine traumatique et n'est pas en lien avec l'intervention d'un tiers."

Ce qui était réellement jugé ici, en revanche, c'est le traitement infligé par Owen Cenazandotti, alias Naruto, 27 ans, et Safine Hamadi, 24 ans, à Raphaël Graven ainsi qu'à deux autres personnes, et ce, tout au long des mois ayant précédé sa mort. Les deux hommes comparaissaient devant le tribunal pour plusieurs chefs d'accusation distincts : violences en réunion, abus de faiblesse, diffusion d'images violentes, ainsi que provocation à la haine ou à la violence.

Des humiliations devant des centaines de milliers de personnes

L'affaire a éclaté fin 2024, lorsque Mediapart révélait l'existence de vidéos diffusées depuis un local de Contes, près de Nice, sur la chaîne de Naruto et Safine, hébergée sur la plateforme australienne Kick. La justice ouvre alors une enquête après la découverte de scènes glaçantes : on y voit notamment Jean Pormanove insulté, frappé, tiré par les cheveux, menacé, ou encore visé sans protection par des tirs de paintball, le tout filmé en direct devant une communauté de près de 200 000 abonnés.

Raphaël Graven n'est pas le seul concerné dans cette affaire. Une autre victime présumée, Stéphane G., surnommé Coudoux et présentant un handicap visible, apparaît elle aussi soumise à des violences répétées. Une autre séquence montre par ailleurs un mineur littéralement jeté sur Jean Pormanove, dans le cadre d'un simulacre de combat de catch. Ces deux hommes sont aujourd'hui reconnus comme victimes dans le dossier jugé ce lundi.

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