Patrick Bruel : le chanteur comparé à Gérard Depardieu par une célèbre actrice française
Sara Forestier réagit à l’affaire Patrick Bruel et compare les scandales dans le cinéma et la musique. Elle appelle à une application stricte du code du travail et à des sanctions rapides, estimant que les employeurs auraient dû agir plus tôt pour protéger les victimes.
Résumé de l'article
Sara Forestier critique la gestion des violences sexuelles au travail, comparant les affaires Patrick Bruel et Gérard Depardieu, et appelle à une réforme systémique pour mieux protéger les victimes.
Le chanteur Patrick Bruel fait face à la justice ce mercredi, alors qu'il vient d'être déféré après 48 heures de garde-à-vue. Poursuivi pour viols et agressions sexuelles, l'affaire suscite de nombreuses réactions dans le milieu culturel français. De son côté, sa famille le soutient malgré "l'humiliation".
Dans ce contexte, la comédienne Sara Forestier prend la parole et compare cette situation à celle de Gérard Depardieu, mis à l'écart pour plusieurs affaires de viols et agressions sexuelles. Elle dénonce également des défaillances structurelles dans le monde du travail.
Une prise de parole qui élargit le débat sur les violences au travail
Sara Forestier, interrogée dans Le Dauphiné Libéré, insiste sur une lecture globale des violences sexuelles. Elle refuse de compartimenter les affaires entre cinéma et musique. Elle déclare : "Il faut arrêter de penser par secteur d'activité". Et ajoute : "MeToo musique, Patrick Bruel. MeToo cinéma, Gérard Depardieu. Tout ça se passe dans le monde du travail". Elle estime que les employeurs auraient dû protéger les victimes. Elle insiste aussi : "Il fallait prendre des sanctions beaucoup plus tôt". Cela, selon elle, aurait pu éviter l'ampleur des scandales actuels dans plusieurs secteurs culturels. Elle appelle donc à une application stricte du code du travail et à des sanctions rapides.
Pour la comédienne, le problème ne relève pas de cas isolés mais d'un système global. Elle critique la tendance à séparer les mouvements MeToo selon les secteurs professionnels. Selon elle, concerts, plateaux de tournage et loges restent des lieux de travail soumis au code du travail. Elle rappelle que les outils juridiques existent déjà, notamment via le ministère du Travail et l'inspection du travail. Pour elle, il suffit d'appliquer strictement le droit existant afin de mieux protéger les victimes et éviter la répétition des violences dans le monde professionnel.
L’actrice et réalisatrice Sara Forestier s'exprime sur « l’affaire Bruel ». Mais surtout élargit le débat.
— Le Dauphiné Libéré (@ledauphine) June 9, 2026
Pour elle, il faut arrêter de penser par secteur d’activités concernant les violences sexistes et sexuelles. Cinéma, musique… « Tout ça, ça se passe dans le monde du… pic.twitter.com/59gJqpLovS
Un engagement nourri par son expérience personnelle et le dossier judiciaire en cours
Sara Forestier s’appuie sur son expérience personnelle pour défendre cette lecture systémique des violences. Elle affirme que son parcours a été marqué par des violences sur un tournage en 2017. L'actrice évoque une gifle reçue et des pressions pour l’empêcher de porter plainte. Elle dit avoir été licenciée du film et avoir sombré ensuite dans une dépression. Cette expérience a renforcé son engagement pour une réforme du système de production. Elle a lancé un appel aux parlementaires en déclarant : "Protégez les victimes, légiférez ! Sonnez la fin de l'impunité !". Elle propose aussi de réformer l'assurance des tournages pour exclure les agresseurs sans fragiliser les productions cinématographiques.
Parallèlement, la situation judiciaire de Patrick Bruel continue d’évoluer dans un contexte très médiatisé. Le parquet requiert sa mise en examen pour viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel. Neuf victimes sont concernées par des faits présumés commis entre 2010 et 2019. Deux nouvelles plaintes pour viol ont été déposées. Des dossiers supplémentaires ont été joints afin d’examiner des faits potentiellement prescrits. Ces éléments remontent également à une période plus ancienne et doivent être analysés par les juges d’instruction. Néanmoins, l’artiste bénéficie de la présomption d’innocence et conteste fermement les accusations portées contre lui. L’enquête se poursuit sous la responsabilité des magistrats instructeurs compétents en la matière.
Patrick Bruel va être présenté à trois juges d’instruction en vue d’une mise en examen pour des faits de viol, tentatives de viol, agressions sexuelles et harcèlement sexuel concernant 9 victimes pour des faits commis entre 2010 et 2019. →https://t.co/ZFOZwFKhKp pic.twitter.com/K6Qsud9yw4
— Le Figaro (@Le_Figaro) June 10, 2026