Jeux Olympiques : les femmes transgenres ont l'interdiction de participer aux épreuves féminines
Le CIO impose en 2028 un critère chromosomique strict pour les épreuves féminines, excluant certaines athlètes et ravivant un débat ancien sur l’équité et les droits dans le sport.
Résumé de l'article
Le CIO impose en 2028 un critère chromosomique strict pour les épreuves féminines, excluant certaines athlètes et ravivant un débat ancien sur l’équité et les droits dans le sport.
C'est un séisme dans le monde du sport. Le Comité international olympique a annoncé ce jeudi 26 mars que seules les athlètes de sexe biologique féminin, non porteuses du gène SRY, pourront concourir dans les épreuves féminines des Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Retour en arrière assumé, conséquences humaines considérables.
En 2021, le CIO avait choisi la souplesse en laissant chaque fédération fixer ses propres règles d'admissibilité. Cette flexibilité est aujourd'hui balayée au profit d'un critère unique : le chromosome. L'histoire a un goût de déjà-vu puisque des tests similaires avaient déjà été appliqués entre 1968 et 1996, avant d'être abandonnés en 1999 sous la pression de la communauté scientifique, qui contestait leur pertinence. Vingt-cinq ans plus tard, ils font leur retour.
Qui est exclu ?
La mesure frappe deux catégories d'athlètes : les femmes transgenres, mais aussi une large part des athlètes intersexes nées filles, élevées comme telles, mais porteuses de variations chromosomiques naturelles dont elles n'ont parfois même pas conscience. Ce ne sont pas des tricheurs : c'est leur biologie.
Impossible d'ignorer le contexte. La polémique autour d'Imane Khelif, championne olympique de boxe à Paris 2024, plane sur toute la décision. Le CIO précise que la nouvelle politique n'est pas rétroactive : sa médaille d'or est préservée. Mais porteuse du gène SRY, elle n'aurait pas pu s'aligner sous ces nouvelles règles.
Une application qui s'annonce chaotique
Concrètement, chaque athlète devra passer le test une seule fois dans sa vie, sous la responsabilité des fédérations et instances nationales. Mais dès maintenant, là où l'athlétisme, la boxe et le ski ont déjà tenté de mettre en place des politiques similaires, les obstacles s'accumulent. En France, les lois de bioéthique interdisent tout test génétique sans nécessité médicale. D'autres pays font face aux mêmes contraintes.
Première décision forte de la présidente Kirsty Coventry, en poste depuis un an, cette réforme fracture le monde du sport entre partisans de l'équité sportive et défenseurs des droits fondamentaux. Un débat que le CIO pensait avoir clos en 1999 et qu'il vient de rouvrir en grand. Les Jeux Olympiques de Los Angeles font déjà parler d'eux et pas pour les bonnes raisons donc !