"J’attends tous les trois ans pour pouvoir repartir" : Amel Bent évoque la réalité de son métier, loin d'une vision utopique
Entre tournées rares et préjugés sur l’âge, Amel Bent raconte un métier exigeant loin des rêves d’enfance.
Résumé de l'article
Amel Bent décrit une carrière artistique marquée par de longues périodes de préparation, des contraintes professionnelles, et une persévérance face aux défis liés à l'âge et au sexisme.
À deux jours de son premier Accor Arena, Amel Bent, qui a dévoilé son secret de régime, casse les idées reçues sur la vie d’artiste et décrit un quotidien exigeant, bien moins glamour qu’imaginé enfant.
Invitée sur Europe 1, la chanteuse victime d'attaques racistes explique que la scène reste rare. Entre création, promotion et communication, elle attend souvent des années avant de repartir tournée, loin de ses rêves d'enfance.
Une passion freinée par les réalités du métier
Connue depuis Nouvelle Star puis devenue figure de The Voice, Amel Bent poursuit aujourd’hui sa tournée à travers la France. Pourtant, elle rappelle que le métier ne se résume pas aux concerts. Selon elle, il existe “une petite arnaque”, car la petite fille qui rêvait de chanter devant un public découvre que ce moment reste minoritaire. Le quotidien se compose surtout d’écriture, de studio, d’enregistrements et de longues périodes de préparation. Ainsi, l’image brillante souvent associée à la chanson cache un travail constant, parfois solitaire, où la rigueur compte autant que le talent et la persévérance.
La chanteuse insiste aussi sur le rythme particulier de cette profession. Les tournées ne s’enchaînent pas en permanence et peuvent être séparées par plusieurs mois, parfois davantage. “Moi, je sais que j’attends pratiquement tous les trois ans pour pouvoir repartir sur les routes”, confie-t-elle. Entre deux séries de concerts, elle multiplie les interviews, les émissions et la communication autour de ses projets. Elle se décrit même comme une “communicante”. Malgré ces contraintes, son enthousiasme demeure intact. Ce qu’elle préfère reste la rencontre directe avec le public, l’énergie de la scène et ce lien immédiat qui donne sens aux efforts fournis durant les longues phases de préparation artistique.
Amel Bent déterminée face aux préjugés
Si Amel Bent parle avec franchise du métier, elle évoque aussi les obstacles rencontrés par les femmes dans l’industrie musicale. Lors d’un entretien accordé à Télé Loisirs, elle a dénoncé l’âgisme, qu’elle place aux côtés du sexisme et des discriminations. Selon elle, les artistes féminines disposent de moins de liberté pour vieillir ou évoluer. Elle raconte qu’à 30 ans, certains lui ont affirmé qu’elle n’avait plus l’âge pour voir sa musique mise en avant sur les plateformes. Une remarque brutale qui montre la pression constante exercée sur l’image des chanteuses dans ce secteur très concurrentiel.
Pourtant, l’artiste a répondu par les faits. Avec l’album Vivante, elle a atteint la première place des plateformes d’écoute et balayé ces jugements rapides. “J’ai prouvé que je n’avais pas de date de péremption”, affirme-t-elle. Cette réussite confirme sa longévité et sa capacité à se renouveler. Mère de trois enfants, artiste populaire et toujours présente sur scène, elle continue d’avancer sans céder aux clichés. Son parcours illustre une réalité simple : dans la musique, la persévérance pèse souvent davantage que l’âge, et la passion reste un moteur décisif pour durer longtemps.