L’Université de Strasbourg va mettre en place des congés menstruels pour les étudiantes
L’Université de Strasbourg instaurera dès 2026 des congés menstruels avec aménagements pédagogiques pour les étudiantes souffrant de douleurs liées aux règles, une première en France.
Résumé de l'article
L’Université de Strasbourg instaurera dès 2026 des congés menstruels avec aménagements pédagogiques pour les étudiantes souffrant de douleurs liées aux règles, une première en France.
Et si rater un cours à cause de douleurs menstruelles insupportables n'était plus une fatalité ? C'est le pari que vient de faire l'Université de Strasbourg. Le 17 mars dernier, elle a officiellement voté la mise en place d'un congé menstruel pour ses étudiantes. Une première dans l'enseignement supérieur français.
Crampes, nausées, douleurs qui clouent au lit pendant deux jours… Pour des millions de personnes, les règles, c'est loin d'être anodin. Et pourtant, combien de fois a-t-on minimisé ces douleurs, renvoyant les étudiantes en cours avec un doliprane et un haussement d'épaules ? Strasbourg tranche avec cette culture du silence. Sa Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) a acté qu'il était temps de reconnaître officiellement l'impact des dysménorrhées sur les études. Résultat : dès la rentrée 2026, un dispositif concret sera en place.
Concrètement, ça marche comment ?
Pas de révolution bureaucratique. On reste dans quelque chose d'accessible. Les étudiantes souffrant de douleurs menstruelles pourront accéder à un régime spécial d'études. Celui-ci donne droit à des aménagements pédagogiques : reports d'examens, assiduité adaptée, suivi personnalisé. La seule condition ? Un justificatif médical mais valable pour toute la durée du cycle d'études. Pas besoin de courir chez le médecin chaque semestre pour prouver que l'on souffre.
Le Service de santé étudiante sera au cœur du dispositif, avec un rôle d'accompagnement, mais aussi de prévention : parce que des règles très douloureuses peuvent parfois cacher autre chose, comme une endométriose, et méritent d'être prises en charge sérieusement.
Et 2027 ? Encore mieux
L'université a déjà prévu la suite. Dans deux ans, si tout se passe bien côté technique et juridique, toutes les étudiantes et tous les étudiants pourraient bénéficier d'un crédit de dix jours d'absence par an, sans justificatif médical, dans la limite de deux jours d'affilée. Et ce, peu importe la situation. L'idée, c'est simple : avoir la possibilité de souffler ponctuellement sans avoir à décrocher son téléphone pour prendre rendez-vous chez un médecin.
Une marge de manœuvre humaine, pour des imprévus bien réels. Cette première dans l'enseignement supérieur français met fin à cette façon d'amoindrir les douleurs des femmes pendant leurs règles. En cas de souffrance, les étudiantes ne peuvent pas donner le meilleur d'elles-mêmes. Reste à voir si d'autres établissements emboîteront le pas. Parce qu'une chose est sûre : Strasbourg vient d'ouvrir une porte que beaucoup attendaient.