Incendie à Crans-Montana : les mineurs avaient-ils le droit d'être dans le bar ?
À Crans-Montana, un incendie tragique dans un bar a coûté la vie à plusieurs mineurs. Au-delà du drame, une question inquiète : comment ces adolescents se retrouvaient-ils là et avaient-ils le droit d’y être ?
Résumé de l'article
— Dans la nuit du 1er janvier 2026, un terrible incendie a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana, faisant de nombreuses victimes et blessés.
— Les deux exploitants français du lieu font désormais l’objet d’une enquête pénale pour possible négligence.
— La présence de mineurs au moment du drame soulève de sérieuses questions sur le respect des règles de sécurité et de la législation locale.
Dans la nuit du 1er janvier 2026, la station huppée de Crans-Montana a été frappée par une véritable tragédie. Un violent incendie s’est déclaré aux alentours de 1 h 30 dans le bar Le Constellation, en pleine soirée festive, provoquant la mort de 40 personnes et faisant 119 blessés. Piégés dans ce sous-sol surchargé, les clients ont été confrontés à une panique généralisée, tandis que les flammes gagnaient rapidement du terrain, plongeant les secours dans une scène de chaos total.
Comme l’a confirmé la police, l’identification des 40 victimes a été finalisée quelques jours après le drame. Parmi les personnes décédées figurent des victimes de tous âges, dont un nombre important de mineurs : plusieurs adolescents âgés de 14 à 16 ans ont été officiellement identifiés par la police cantonale du Valais. Le bilan fait également état de victimes de différentes nationalités — suisse, française, italienne, belge et portugaise — témoignant du caractère très international de la clientèle présente ce soir-là.
Drame à Crans-Montana : une instruction pénale ouverte
Au vu de la gravité du drame et des premiers éléments relevés par les enquêteurs, une procédure pénale a été engagée en Suisse contre les deux gérants français du bar Le Constellation. Ils sont notamment visés pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, selon les procureurs du canton du Valais. Ces derniers rappellent toutefois que les intéressés bénéficient, à ce stade de l’enquête, de la présomption d’innocence.
Les investigations devront aussi déterminer si les normes de sécurité étaient pleinement respectées, notamment concernant la prévention incendie, l’accessibilité des sorties de secours et le respect de la jauge autorisée. Plusieurs témoignages évoquent des extincteurs peu accessibles ainsi qu’un agencement des lieux susceptible d’avoir compliqué l’évacuation. Par ailleurs, la possibilité de travaux réalisés sans autorisation officielle fait également partie des points examinés par les enquêteurs.
Présence de mineurs au moment du drame : un point sensible de l'enquête
Parmi les nombreuses interrogations soulevées par ce drame, la présence de mineurs dans l’établissement occupe une place centrale. En Suisse, l’accès des jeunes aux bars et aux lieux servant de l’alcool est encadré par des règles qui varient selon les cantons. Dans le Valais, les adolescents âgés de 16 ans peuvent être admis dans ce type d’établissement, tandis que les plus jeunes doivent obligatoirement être accompagnés d’un adulte responsable après 22 heures. Leur consommation d’alcool est par ailleurs strictement limitée en fonction de leur âge.
Ces dispositions légales sont désormais au cœur de l’enquête pénale. Les autorités cherchent en effet à déterminer si ces règles ont bien été respectées le soir du drame, notamment en ce qui concerne les contrôles d’identité à l’entrée. Les enquêteurs devront également établir si des mineurs non accompagnés ont pu accéder au bar au moment de l’incendie, un élément clé pour comprendre les circonstances exactes de la tragédie. Affaire à suivre.
Incendie à Crans-Montana: que dit la loi suisse sur la présence des mineurs dans le bar et la vente d'alcool? pic.twitter.com/CLuDK7V9R8
— BFM (@BFMTV) January 5, 2026