Incendie à Crans-Montana : la propriétaire du bar filmée en train de prendre la fuite avec la caisse ?
Alors que l'enquête est en cours concernant l'incendie à Crans-Montana, une nouvelle vidéo risque de mettre à mal la défense des Moretti.
Résumé de l'article
L’enquête sur l’incendie meurtrier du bar à Crans-Montana révèle des défaillances en sécurité et des images controversées impliquant la propriétaire.
Une semaine après l’incendie meurtrier du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes et fait plus d’une centaine de blessés, l’enquête continue de mettre au jour une série d’éléments troublants. Entre vidéos anciennes, témoignages d’ex-employés et nouvelles révélations venues d’Italie, le drame apparaît de moins en moins comme un accident imprévisible.
Tandis que les autorités suisses poursuivent leurs investigations, l’opinion publique découvre peu à peu un enchaînement de négligences et de zones d’ombre. Découvrez le dernier rebondissement en date !
Vidéos, mousse inflammable et sortie de secours condamnée : les signaux d’alerte existaient déjà dans le bar de Crans-Montana
Bien avant la nuit du drame, certains signaux auraient déjà dû alerter. Une vidéo datant du Nouvel An 2019-2020, aujourd’hui remise en circulation, montre un serveur demander à des clients de « faire attention à la mousse », alors que des bouteilles équipées de feux de bengale sont brandies sous un plafond très bas. La personne qui a filmé la scène raconte : « On était très près du plafond. S’il a dit ça, c’est qu’il avait conscience qu’il y avait un risque. » En creusant le passé du Constellation, plusieurs témoins évoquent des inquiétudes anciennes. Dès la reprise de l’établissement en 2015, après des travaux réalisés de manière artisanale, des doutes auraient été exprimés sur les matériaux utilisés et sur la sécurité du sous-sol.
D’anciens employés parlent aujourd’hui d’un lieu où l’on jouait régulièrement avec le feu : bougies scintillantes, clients sur les tables, plafond rabaissé. L’un d’eux confie : « À force, ça devait finir par arriver. » Autre élément clé : l’absence d’issue de secours réellement utilisable. Selon plusieurs témoignages, la porte censée permettre l’évacuation était inutilisable et obligeait tout le monde à repasser par un escalier étroit. Le sous-sol ne disposait donc que d’un seul véritable point de sortie, en partie non conforme. Une configuration qui pourrait avoir aggravé la panique et piégé de nombreuses victimes. Autant de défaillances qui posent aujourd’hui une question centrale : comment ces problèmes ont-ils pu perdurer sans être corrigés ?
Jessica Moretti au cœur de nouvelles accusations : des images de vidéosurveillance à l’étude
Alors que l’enquête technique se poursuit, une révélation de la presse italienne est venue relancer les interrogations. Selon La Repubblica et La Stampa, des images de vidéosurveillance récupérées par les enquêteurs montreraient la gérante du bar, Jessica Moretti, quittant l’établissement au début de l’incendie avec la caisse enregistreuse sous le bras. Toujours d’après ces informations, elle apparaîtrait sortant précipitamment alors que le feu se propage, et aurait été brûlée à un bras. Une blessure qui, selon certains observateurs, pourrait correspondre au moment où elle aurait récupéré la caisse. À ce stade, aucune de ces images n’a été rendue publique et aucun élément n’a été officiellement confirmé par la justice suisse. Les faits rapportés doivent donc être considérés avec la plus grande prudence.
Si ces séquences venaient à être authentifiées, elles pourraient toutefois alourdir le dossier, notamment sur le terrain d’une éventuelle non-assistance à personne en danger. Jacques et Jessica Moretti sont déjà visés par une procédure pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Ils ont été laissés libres, et affirment de leur côté par la voix de leurs avocats, faire « entièrement confiance aux enquêteurs ». Également, ils se disent « dévastés et envahis par le chagrin », et assurent ne chercher « d’aucune façon à se dérober ». Une journée de deuil national a été décrétée en Suisse, et Emmanuel Macron se rendra à la cérémonie d’hommage.