Alexandra Lamy : l’actrice au cinéma dans la rôle d’une femme en quête de son plaisir
Dans Pour le plaisir, Alexandra Lamy brise les tabous autour de la jouissance féminine avec humour et sincérité.
Résumé de l'article
Alexandra Lamy incarne au cinéma une femme qui, après des années de silence, explore enfin son plaisir, abordant avec sincérité un sujet encore tabou dans la société.
Au cinéma dans Pour le plaisir aux côtés de François Cluzet, Alexandra Lamy incarne une femme qui découvre enfin son désir après des années de silence. Un rôle fort que la maman de Chloé Jouannet défend aujourd’hui avec conviction et sincérité.
Dans une interview accordée à Brut le 6 mai, l’actrice de 54 ans qui a failli être kidnappée s’est exprimée sans détour sur le plaisir féminin après 50 ans. Un sujet encore tabou, qu’elle souhaite désormais rendre visible.
Un rôle qui célèbre la liberté des femmes
Dans Pour le plaisir, réalisé par Reem Kherici, Alexandra Lamy joue Fanny, une femme mariée depuis vingt ans qui n’a jamais connu l’orgasme. Son mari, interprété par François Cluzet, tente alors de l’aider à explorer son plaisir grâce à la création d’un sextoy. Ce personnage a immédiatement séduit la comédienne. "J’ai adoré ce personnage", confie-t-elle dans une interview vidéo accordée à Brut. Tout sourire, elle reprend même une phrase du film devenue manifeste : "J’ai 50 ans, j’ai le droit de jouir ! j’ai le droit, non ?". Pour Alexandra Lamy, cette réplique symbolise une "liberté extraordinaire" encore trop rarement montrée au cinéma français.
À travers cette histoire, le long-métrage évoque aussi les non-dits qui entourent encore la sexualité féminine. Avant de parler à son mari, Fanny a ainsi passé deux décennies à cacher son absence de plaisir. Une situation qui fait écho à une réalité bien connue. Selon une étude menée par le site Gleeden en décembre 2021, 9 femmes hétérosexuelles sur 10 ont déjà simulé l’orgasme avec un partenaire. Pourtant, 81 % des hommes interrogés pensent que leur compagne n’a jamais simulé avec eux. Alexandra Lamy regrette ce silence persistant. "On n’ose pas le dire, parce qu’on a toujours peur de froisser les hommes", explique-t-elle. Le film cherche donc à ouvrir le dialogue avec humour, mais aussi avec beaucoup de sincérité.
Alexandra Lamy brise les tabous autour du plaisir féminin
Ce sujet résonne particulièrement avec le parcours personnel d’Alexandra Lamy. Durant son adolescence, l’actrice se souvient avoir surpris des conversations entre sa mère et ses amies. Elles parlaient librement de plaisir, de jouissance et d’exploration du corps féminin. "J’entendais ces mots-là : “se connaître”, “explorer son corps”", raconte-t-elle. Pourtant, malgré cette éducation ouverte, elle percevait déjà un certain malaise autour de ces discussions. "C’était comme si on disait un gros mot", se souvient-elle encore. Aujourd’hui, la comédienne estime donc important de participer à des projets qui abordent frontalement ces questions. Pour elle, évoquer le plaisir féminin sans gêne permet aussi de faire évoluer les mentalités et de libérer la parole des femmes.
L’actrice a également tenu à saluer le travail de Reem Kherici, qui signe ici une comédie sentimentale différente des représentations habituelles. Alexandra Lamy pense d’ailleurs que le film aurait été traité autrement par un homme. "Ça serait fantasmé", ajoute la réalisatrice et scénariste. Avec ce long-métrage, Reem Kherici souhaitait avant tout "décortiquer" l’orgasme féminin. Son objectif était de comprendre pourquoi certaines femmes n’arrivent pas à jouir et d’apporter des pistes de réflexion aux spectateurs. Sans vulgarité, le film aborde ainsi un sujet intime avec humour et délicatesse. Une manière de rappeler que le plaisir féminin reste encore entouré de nombreux blocages sociaux et culturels, malgré les évolutions récentes de la société.