Le décès de Jean Pormanove a marqué un tournant tragique dans le monde du streaming. Ce jeune Niçois, suivi par des milliers de spectateurs, est mort en direct, laissant derrière lui une communauté sidérée et profondément meurtrie. Ses obsèques, organisées à Nice, ont donné lieu à une demande bouleversante de sa mère. Dont les paroles résonnent encore dans les mémoires.
Au-delà de l’émotion, cette disparition soulève de nombreuses interrogations. L’autopsie a révélé des causes médicales. Mais des voix proches du streamer contestent cette version. Entre soupçons persistants, enquête judiciaire et responsabilités des plateformes de diffusion, l’affaire Pormanove dépasse le cadre d’un simple drame personnel. Elle interroge la manière dont le numérique encadre, ou non, ses propres dérives.
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Des conclusions médicales contestées malgré l’autopsie officielle
Le 21 août dernier, le parquet de Nice a rendu publics les résultats de l’autopsie de Jean Pormanove. Après plusieurs jours d’attente insoutenable pour sa famille, ses proches et sa communauté, le rapport a écarté l’hypothèse d’une intervention extérieure. Les médecins légistes concluent à une cause médicale ou toxicologique. « À la lumière de ces éléments, les experts considèrent que le décès n’a pas une origine traumatique », a précisé officiellement le rapport. Cette annonce, censée apporter des réponses, n’a fait qu’alimenter de nouvelles zones d’ombre.
En effet, plusieurs proches du streamer peinent à accepter cette explication. Nicolas Frérot, ami intime du défunt, a exprimé publiquement ses doutes. « Quand on voit les 300 dernières heures qu’il a passées avec eux… Ils savaient très bien », dénonce-t-il. Ce dernier laisse entendre que certains comportements auraient pu aggraver la situation. Malgré la clarté apparente des conclusions médicales, le sentiment d’injustice demeure. Dans les coulisses, l’enquête sur Safine et Naruto, anciens acolytes de Jean, se poursuit activement. La communauté, elle, oscille entre résignation et colère. De toute évidence, elle refuse d’enterrer les soupçons qui planent encore autour de ce drame.
La demande émouvante de la mère de Jean Pormanove
Le 27 août, les obsèques de Jean Pormanove ont réuni une centaine de personnes à Nice. L’émotion était palpable, et la présence de certains anciens compagnons de route du streamer a créé une atmosphère tendue. Mais c’est la voix de sa mère qui a dominé la cérémonie. Dans un moment de grâce et de douleur mêlées, elle a adressé à l’assemblée une demande poignante. « La maman a demandé de prendre un moment pour pleurer et d’avoir aussi ce sourire pour JP », a rapporté Abdel Aridi, ami proche du défunt. Ce message a marqué les esprits, entre hommage douloureux et invitation à célébrer la mémoire d’un fils disparu trop tôt. Parallèlement, l’affaire prend une dimension judiciaire d’ampleur. Le parquet de Paris a ouvert une enquête visant la plateforme Kick, qui a diffusé les images de la mort en direct.
La procureure Laure Beccuau entend établir la part de responsabilité de cette entreprise américaine, accusée d’avoir laissé circuler des vidéos sensibles « en connaissance de cause ». Clara Chappaz, ministre déléguée au numérique, a confirmé que des poursuites étaient envisagées : « Kick n’a pas fait tout ce qui était possible pour pouvoir mettre fin à la diffusion ». Même des personnalités du football, comme Bradley Barcola ou Pierre-Emerick Aubameyang, se retrouvent malgré elles mêlées à cette affaire, leur nom ayant circulé lors des derniers instants filmés. Cette tragédie met en lumière une question plus vaste : jusqu’où les plateformes de streaming doivent-elles être tenues responsables du contenu qu’elles hébergent ?