Décès de Bruno Salomone : l’acteur n’avait pas le même quotidien que tout le monde
Atteint de misophonie, Bruno Salomone vivait avec une hypersensibilité aux bruits. L’acteur, décédé à 55 ans, avait confié combien ce trouble compliquait sa vie.
Résumé de l'article
Bruno Salomone, disparu à 55 ans, vivait avec la misophonie, un trouble peu connu provoquant une réaction intense à certains bruits du quotidien, impactant fortement son quotidien.
La disparition de Bruno Salomone, annoncée ce dimanche 15 mars 2026, a bouleversé le public. Derrière l’humoriste populaire se cachait pourtant un quotidien particulier, marqué par un trouble qui compliquait l’ordinaire.
Atteint de misophonie, l’acteur de Brice de Nice vivait avec une sensibilité extrême à certains bruits. Le grand ami de Jean Dujardin avait accepté d’en parler publiquement. Il évoquait alors un trouble méconnu qui l’obligeait parfois à s’isoler pour retrouver le calme.
Une disparition qui rappelle le parcours d’un acteur très apprécié
La disparition de Bruno Salomone, annoncée le 15 mars 2026 par son agent Laurent Grégoire, a suscité une vive émotion. Le comédien s’est éteint à 55 ans après une longue maladie. Il s’était fait connaître avec la troupe Nous C Nous, aux côtés de Jean Dujardin, Éric Collado, Éric Massot et Emmanuel Joucla. Le groupe réalisait des parodies, notamment de boys bands, qui ont marqué la télévision. Par la suite, l’acteur a rencontré un large succès grâce à la série Fais pas ci, fais pas ça, dans laquelle il incarnait Denis Bouley pendant neuf saisons. Il est ainsi devenu un visage familier du public français, très attaché à son humour populaire.
En 2019, invité de l’émission Ça ne sortira pas d’ici sur France 2, Bruno Salomone avait confié au médecin et animateur Michel Cymes souffrir de misophonie. Ce trouble, encore peu connu du grand public, provoque une réaction très forte face à certains sons du quotidien. L’acteur expliquait ne pas supporter la mastication, la respiration ou encore le bruit des doigts sur un clavier. Ces sons déclenchaient chez lui une angoisse immédiate. Il reconnaissait que beaucoup de personnes ressentent une gêne. Mais il précisait que, dans son cas, la réaction devenait envahissante et difficile à contrôler au point de devoir parfois quitter la pièce pour se calmer seul.
Un trouble qui rendait son quotidien différent des autres
Pour décrire son quotidien, l’acteur expliquait qu’il avait tendance à se focaliser sur les bruits qui le dérangeaient. Plus il y pensait, plus son attention se bloquait dessus, ce qui amplifiait son malaise. Il donnait l’exemple du cinéma, où le bruit du pop-corn pouvait devenir insupportable. "Moi, j’ai un vrai blocage avec ça", confiait-il. Il précisait que son cerveau restait fixé sur le son jusqu’à l’empêcher de profiter du moment. Pour éviter les tensions avec les autres, il préférait souvent s’éloigner discrètement plutôt que de demander le silence. Ce, afin de ne pas passer pour quelqu’un de difficile ou capricieux.
La Fondation pour l’audition décrit la misophonie comme un véritable signal d’alarme déclenché dans le cerveau lors de l’écoute de certains sons. La réaction ne se limite pas à une simple gêne auditive. Elle peut provoquer de l’irritation, de la colère ou une forte détresse. Il n’existe pas de traitement unique, mais des thérapies, un suivi médical et le dialogue avec l’entourage permettent de mieux vivre avec ce trouble. Bruno Salomone rappelait que le plus difficile restait d’en parler. Car ces réactions sont souvent mal comprises par ceux qui ne les ressentent pas. Ce qui rend l’expérience encore plus isolante au quotidien.