Professeure poignardée à Sanary-sur-Mer : on sait ce que l’adolescent a dit lors de sa 1ère audition
À Sanary-sur-Mer, un collégien de 14 ans a reconnu avoir prémédité l’agression de sa professeure, évoquant une "trop grande haine" lors de son audition.
Résumé de l'article
Un collégien de 14 ans a prémédité et commis une attaque au couteau contre sa professeure, motivé par une colère liée à des sanctions perçues comme injustes.
L’agression d’une professeure d’arts plastiques par l’un de ses élèves a profondément choqué la communauté éducative de Sanary-sur-Mer. L’enseignante, âgée de 60 ans, a été poignardée en pleine classe par un collégien de 14 ans, désormais poursuivi pour tentative d’assassinat.
Placée en garde à vue, l’adolescent a livré un récit détaillé de son passage à l’acte. Il a reconnu une préméditation et exprimé une colère intense, nourrie selon lui par des sanctions scolaires jugées injustes. Ses déclarations éclairent les motivations avancées par les enquêteurs.
Une attaque reconnue et préparée à l’avance
Lors de sa première audition, le collégien de 14 ans a immédiatement reconnu les faits. Il a expliqué avoir prémédité l’agression de son enseignante d’arts plastiques, survenue au collège La Guicharde, à Sanary-sur-Mer. Selon le parquet de Toulon, l’adolescent a affirmé avoir pris un couteau dans la cuisine de son domicile le matin même. Son intention était claire. Il voulait poignarder la professeure de 60 ans. Face aux enquêteurs, il a déclaré qu’il "fallait qu’il le fasse", évoquant une colère incontrôlable et "trop de haine". Il a également reconnu avoir porté quatre coups de couteau à sa victime.
Cette violence, le suspect ne l’a pas improvisée. Il a confié avoir déjà envisagé de passer à l’acte une semaine auparavant. À cette occasion, il avait même apporté une arme blanche au collège. Toutefois, il avait finalement renoncé, expliquant avoir eu peur de commettre l’irréparable. Ce renoncement n’a pourtant pas mis fin à son projet. Selon ses propos, la rancœur s’est installée durablement. Elle visait principalement les remarques et incidents consignés par l’enseignante sur l’application Pronote. Des signalements que l’adolescent percevait comme injustes et humiliants. Peu à peu, cette frustration a nourri un ressentiment profond, jusqu’à conduire à l’agression.
Un profil sans radicalisation mais marqué par la haine
Au cours de son audition, l’adolescent a tenu à écarter toute motivation religieuse ou idéologique. Il a affirmé ne pratiquer aucune religion. Les perquisitions menées à son domicile n’ont d’ailleurs révélé aucun signe de radicalisation religieuse ou politique. En revanche, les enquêteurs ont découvert plusieurs armes blanches dans sa chambre. Le jeune suspect a expliqué les posséder parce qu’il trouvait cela "stylé", sans y associer, selon lui, une intention violente initiale. Par ailleurs, le collégien a indiqué ne consommer ni alcool ni stupéfiants. Les tests réalisés lors de son interpellation se sont révélés négatifs. Il a également assuré ne souffrir d’aucun problème de santé et ne suivre aucun traitement médical.
Concernant son environnement familial, il a déclaré n’avoir jamais été victime de violences de la part de ses parents. Il a aussi évoqué une pratique modérée des jeux vidéo, limitée à une ou deux heures par jour. À l’issue de sa garde à vue, l’adolescent a exprimé de profonds regrets. Il a confié avoir ressenti "une grosse haine" contre lui-même après les faits. Il a ajouté avoir "pleuré toutes les larmes de son corps" et s’être porté des coups à lui-même. Pendant ce temps, la professeure, opérée en urgence à l’hôpital Sainte-Anne de Toulon, demeure dans un état de santé préoccupant. Le parquet prévoit de déférer le mineur afin d’ouvrir une information judiciaire pour tentative d’assassinat, avec une demande de placement en détention provisoire.