Incendie de Crans-Montana : une victime se montre défigurée par les brûlures et témoigne
Après le terrible incendie de Crans-Montana, une victime dévoile son visage abîmé par les brûlures et se livre.
Résumé de l'article
Une rescapée de l’incendie de Crans-Montana témoigne depuis l’hôpital, affichant son courage face aux séquelles physiques et psychologiques du drame.
Plus de trois semaines après l’incendie meurtrier de Crans-Montana, qui a coûté la vie à de nombreuses personnes dans la nuit du 31 décembre, le drame continue de bouleverser bien au-delà des frontières suisses. Longtemps, ce sont surtout les enquêtes, les défaillances et les responsabilités qui ont occupé l’espace médiatique.
Mais ce vendredi 23 janvier, une voix a surgi, fragile et courageuse à la fois. Celle d’Eleonora Palmieri. Rescapée de l’incendie, la jeune vétérinaire italienne de 29 ans a publié une vidéo poignante sur Instagram. Pour la première fois, elle s’est montrée visage découvert, révélant ses brûlures, mais aussi une force qui force le respect.
« Derrière chaque article, il y a la vraie vie » : Eleonora brise le silence
Depuis son lit d’hôpital au centre des grands brûlés de Cesena, en Italie, où elle a été transférée après une première hospitalisation à Milan, Eleonora Palmieri a décidé de prendre la parole. Dans une vidéo devenue virale, elle alterne des images d’avant le drame et des séquences filmées à l’hôpital. Son visage est marqué, la partie gauche particulièrement touchée. Ses mains sont bandées. Mais son regard est droit. Elle accompagne ces images d’un message fort : « Derrière chaque article et chaque titre de journal, il y a eu la vraie vie. Celle faite de peur, mais surtout de courage et de force pour aller de l'avant. » Puis viennent les remerciements, simples, mais lourds de sens : « Je veux remercier ceux qui n'ont jamais lâché ma main : ma famille, mon refuge, et mon fiancé qui est resté avec moi jusque dans cette chambre d'hôpital. »
Et d'ajouter : « Un immense merci aux médecins et à tout le personnel soignant des hôpitaux qui me soignent avec un grand professionnalisme et une grande humanité. Si je suis là aujourd'hui pour en parler, c'est aussi grâce à vous. » À ses côtés, dans la vidéo, son compagnon Filippo Bonifacio, celui qui l’a sortie des flammes. Eleonora n’oublie pas ceux qui ne sont pas rentrés chez eux : « Une pensée pour les anges qui n'ont pas survécu. N'arrêtez jamais d'honorer la vie ! » Selon le professeur Davide Melandri, directeur du centre des grands brûlés de Cesena, la jeune femme est arrivée « en bonnes conditions cliniques ». « Eleonora est déjà bien avancée dans son parcours vers la guérison, mais il reste encore un peu de travail », a-t-il précisé, ajoutant qu’aucune opération n’était prévue pour le moment.
« La nuit, j’ai encore peur » : le récit d’une survivante de Crans-Montana
Si Eleonora va mieux, les séquelles psychologiques, elles, sont bien présentes. Dans une interview accordée à La Repubblica, elle est revenue sur cette nuit qui a failli lui coûter la vie. « La nuit, j’ai encore peur. » Elle décrit l’instant où tout a basculé : « La fumée a envahi la véranda et j'ai vu cette langue de feu remonter les escaliers… Je me suis sentie impuissante, piégée. Mon instinct de survie m'a fait sortir. » Elle se souvient de la foule, de la porte bloquée, des fenêtres impossibles à briser, de « cet air toxique qui devenait irrespirable ». Ce soir-là, elle et Filippo fêtaient le Nouvel An en Suisse pour la première fois. Un détail a peut-être tout changé. Leur DJ set s’est prolongé plus longtemps que prévu. « Ce quart d'heure supplémentaire nous a sauvé la vie, avec le recul », a raconté Filippo. Lorsqu’il la retrouve dans la panique, Eleonora est consciente, brûlée, choquée.
Elle lui glisse : « Filo, appelle l’ambulance. » Il la charge immédiatement dans la voiture et la conduit à l’hôpital de Sion. Une décision décisive. Aujourd’hui, la jeune femme pense déjà à l’après. Vétérinaire depuis 2023, passionnée par les animaux, elle craint que cet accident ne bouleverse sa vocation. « Je suis la docteure de nombreux petits chiens et chats dans la région de Rimini, c'est une vocation. Ma crainte, c'est que cet accident m'impose des limites. J'espère de tout cœur que ce ne sera qu'un ralentissement et non un arrêt. » Sur Instagram, elle écrit encore : « Chaque jour est un pas vers mon objectif. Ma passion est ma plus grande force. Un centimètre à la fois, pour retourner faire ce que j'aime. » Un message de résilience, au cœur d’un drame qui continue de marquer des vies.
