Incendie à Crans-Montana : les escroqueries du gérant du Constellation démasquées

Plus l’enquête sur l’incendie de Crans-Montana avance, plus le profil du patron se dessine, et dévoile des parts sombres.

Publié le par Sophie Vollet
Incendie à Crans-Montana : les escroqueries du gérant du Constellation démasquées
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L’incendie meurtrier à Crans-Montana révèle de graves manquements à la sécurité et des pratiques douteuses du gérant du bar Le Constellation, désormais sous enquête judiciaire.

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Dans la nuit du Nouvel An, la fête a viré au cauchemar à Crans-Montana. Un violent incendie a eu lieu dans le bar Le Constellation, où de nombreux clients étaient réunis pour célébrer le passage à 2026. En quelques minutes, le feu s’est propagé dans le sous-sol bondé, semant la panique et piégeant des dizaines de personnes. Le bilan est effroyable : 40 morts et 116 blessés.

Depuis, la station est sous le choc. Une enquête pénale est en cours pour déterminer les causes du sinistre et établir d’éventuelles responsabilités. Et à mesure que les investigations avancent, le fonctionnement du bar et le comportement de ses propriétaires sont désormais au cœur de toutes les attentions.

L’enquête à Crans-Montana relève des failles majeures de sécurité

Vendredi matin, Jacques et Jessica Moretti, propriétaires français du Constellation, ont été entendus pendant plus de six heures par le ministère public à Sion. À l’issue de cette audition, leurs situations ont divergé : Jacques Moretti a été placé en détention préventive, tandis que son épouse a été laissée libre sous contrôle judiciaire. Le couple est poursuivi pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Selon le parquet valaisan, la détention de Jacques Moretti repose notamment sur un risque de fuite. Peu après, Jessica Moretti est sortie du silence devant les caméras de BFMTV. En larmes, elle a déclaré : « Mes pensées constantes vont vers les victimes et les gens qui se battent aujourd’hui. C’est une tragédie inimaginable. Jamais, jamais on aurait pu imaginer ça. Et ça s’est passé dans notre établissement. Je tiens à m’excuser. »

Dans le même temps, les témoignages d’anciens employés ont mis en lumière de graves manquements à la sécurité. L’un d’eux assure que l’issue de secours du sous-sol était inutilisable :
« Il y avait une issue de secours, mais à l'époque, quand j'y ai travaillé, elle était condamnée. Je ne pouvais pas y accéder. » Un autre précise les raisons avancées à l’époque : « Pour éviter que des gens rentrent par là, ou même que d'autres (partent) sans payer. » Selon lui, la porte s’ouvrait vers l’intérieur, ce qui rendait toute évacuation extrêmement difficile en cas d’urgence. Invité dans C à vous, le journaliste de BFMTV confirme : « Tous les témoignages nous ont dit que cette porte de sécurité était fermée. Ils nous ont dit que les extincteurs étaient dans le bureau du propriétaire, qui était fermé à clé. (…) Il avait l'air très porté sur l'argent, et non sur la sécurité. »

Les méthodes douteuses du patron révélées

Au-delà des failles de sécurité, l’enquête journalistique a aussi mis au jour des pratiques internes pour le moins troublantes. France Télévisions a recueilli le témoignage d’un ancien salarié du bar, qui décrit un système destiné à augmenter artificiellement les marges. Il affirme notamment : « Les machines à pression pour la bière blonde étaient coupées volontairement par le patron, et on avait pour consigne de remplir les bières avec des canettes d'une marque qui s'appelle Saint-Gotthard. Il achetait ça chez Aldi. » Et ces pratiques ne concernaient pas seulement les bières. Le même témoin poursuit :
« Et également, on nous a demandé de garder les bouteilles vides de Grey Goose, donc une vodka assez chère, et de les remplir avec une bouteille bas de gamme. »

Avant de conclure sur le fonctionnement interne : « Tous les employés percevaient une partie au black, pour compenser le trop grand nombre d'heures effectuées par le travail. » Alors que les auditions se poursuivent, l’affaire dépasse désormais le seul cadre de l’incendie. Elle dessine le portrait d’un établissement où, selon plusieurs témoignages, les logiques de profit auraient primé sur l’éthique et la sécurité. Un élément central pour comprendre comment une nuit de fête a pu basculer dans l’irréparable.

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