Incendie à Crans-Montana : le gérant du bar Le Constellation brise le silence pour la première fois
Le gérant de l'établissement qui a pris feu à Crans-Montana a brisé le silence quelques jours après le drame. Détails.
Résumé de l'article
Un incendie meurtrier à Crans-Montana soulève des questions sur la sécurité et la gestion du bar Le Constellation, tandis que son gérant brise le silence pour la première fois.
Alors que la Suisse est encore sous le choc après l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du Nouvel An à Crans-Montana, l’enquête progresse lentement, entre émotion collective et questions lourdes de responsabilités. Le sinistre, qui s’est déclaré dans le bar Le Constellation, a coûté la vie à au moins quarante personnes et fait plus d’une centaine de blessés, dont de nombreux jeunes venus célébrer le passage à la nouvelle année.
Si la piste accidentelle est aujourd’hui privilégiée par les enquêteurs, l’attention se porte désormais sur les conditions d’exploitation de l’établissement… et sur le profil de ses dirigeants. Car derrière la façade d’un bar festif réputé de la station valaisanne, le passé judiciaire de son gérant principal refait surface, ajoutant une dimension sensible à une affaire déjà dramatique.
Une enquête technique toujours en cours, une piste accidentelle privilégiée
Les autorités suisses poursuivent un travail d’une ampleur considérable. Trois jours après le drame, l’identification des victimes se poursuit, tout comme l’analyse minutieuse des causes de l’incendie. Selon la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, « tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale mis sur les bouteilles de champagne », et ajoute que « tout a été approché de trop près du plafond ». Plusieurs témoignages concordent : des dispositifs pyrotechniques festifs auraient été utilisés dans le sous-sol du bar, à proximité immédiate d’un plafond recouvert de mousse isolante phonique, un matériau potentiellement inflammable.
Une configuration qui pourrait expliquer la rapidité de l’embrasement généralisé et la panique meurtrière qui s’en est suivie. Les propriétaires du bar, un couple de ressortissants français, ont été entendus par la justice « à titre de personnes appelées à donner des renseignements ». L’instruction devrait s’ouvrir pour incendie par négligence et homicide par négligence, afin d’examiner en détail les travaux réalisés, les autorisations d’exploiter, les matériaux utilisés et les dispositifs de sécurité.
Le gérant du bar dans le Crans-Montana au centre de l’attention : « Tout s’est fait dans les normes », assure-t-il
Au cœur de cette affaire, le profil de Jacques Moretti, gérant du Constellation, suscite de nombreuses interrogations. Le patron d'origine corse, installé depuis plusieurs années à Crans-Montana avec son épouse Jessica, est connu défavorablement de la justice française. Selon les informations révélées par Le Parisien, Jacques Moretti a été impliqué dans des dossiers de proxénétisme dans les années 1990, avant d’être incarcéré il y a 20 ans dans une affaire d’escroquerie, d’enlèvement et de séquestration. Une source policière précise toutefois qu’il ne faisait plus partie, depuis longtemps, du « spectre de la criminalité organisée ». Face à la presse suisse, le gérant a brièvement pris la parole :
« Nous ne pouvons ni dormir ni manger, nous allons tous très mal », a-t-il confié, avant d’assurer que son établissement respectait les règles en vigueur. « Tout s’est fait dans les normes », a-t-il affirmé, ajoutant que le bar avait été « contrôlé trois fois en dix ans ».
Une déclaration qui interroge. Selon l’ordonnance cantonale sur la prévention des incendies, les bâtiments recevant du public doivent pourtant faire l’objet d’inspections annuelles. Les autorités communales n’ont pas encore confirmé la fréquence exacte des contrôles effectués au Constellation. Auditionnés sur la configuration des lieux, la capacité d’accueil et les travaux de rénovation, Jacques et Jessica Moretti restent libres à ce stade et peuvent circuler, voire rentrer en France. Mais l’enquête, désormais élargie à la gestion globale de l’établissement, pourrait encore réserver des développements majeurs. Dans une station toujours sous le choc, où familles et proches attendent des réponses, une certitude demeure : au-delà de la thèse accidentelle, la justice devra établir si ce drame était évitable — et si des manquements ont contribué à transformer une nuit de fête en catastrophe nationale.
Incendie à Crans-Montana: "Tout s'est fait dans les normes", assure le propriétaire du bar à la presse suisse pic.twitter.com/2IbR5Fv0nD
— BFM (@BFMTV) January 2, 2026