Anne : escroquée de 830 000 euros par un faux Brad Pitt, elle mène ses banques en justice
Après une escroquerie sentimentale de 830 000 euros via un faux Brad Pitt, Anne Deneuchatel engage des poursuites contre ses banques pour manquement à leur vigilance.
Résumé de l'article
Après une escroquerie sentimentale de 830 000 euros via un faux Brad Pitt, Anne Deneuchatel engage des poursuites contre ses banques pour manquement à leur vigilance.
Anne Deneuchatel, qui a perdu près de 830 000 euros dans une arnaque sentimentale élaborée, accuse deux établissements bancaires d'avoir manqué à leur devoir de vigilance en validant des virements aux intitulés pour le moins douteux.
Après avoir été piégée pendant plus d'un an et demi par des escrocs se faisant passer pour l'acteur Brad Pitt, cette Française de 53 ans passe à l'offensive. D'après les informations de Challenges, elle a déposé plainte contre deux banques, leur reprochant d'avoir laissé passer des transferts d'argent dont les libellés auraient dû éveiller les soupçons. L'histoire, dévoilée au public en janvier 2025, avait suscité une vive émotion internationale. Pendant dix-huit mois, Anne Deneuchatel était persuadée d'entretenir une relation amoureuse avec la star hollywoodienne de 62 ans. Elle dialoguait en réalité avec un réseau d'arnaqueurs ayant recours à l'intelligence artificielle pour fabriquer de faux selfies, des pièces d'identité contrefaites et des messages personnalisés particulièrement convaincants.
Des virements aux libellés explicites
La plainte met en cause 18 ordres de virement effectués sur une période de deux ans, dont certains portaient des mentions particulièrement révélatrices. On y trouve par exemple "Opération Mr William Bradley Pitt" pour un montant de 35 000 euros, ou encore "Transplantation rein William Bradley Pitt Clinic Mayo Dr Hatem" pour 59 000 euros. Selon l'avocat de la victime, interrogé par Challenges, entre 400 000 et 500 000 euros auraient dû être bloqués par les dispositifs de contrôle habituels des établissements bancaires.
Pour Anne Deneuchatel, ces manquements soulèvent des questions sur les mécanismes de protection mis en place par les banques face aux escroqueries. Elle souhaite aujourd'hui obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice qu'elle a subi, tant financier que psychologique.
Un lourd bilan personnel
Au-delà de la perte financière considérable, les conséquences ont été dévastatrices pour cette quinquagénaire. Hospitalisée pour une dépression sévère et confrontée à une vague de cyberharcèlement depuis la médiatisation de son histoire, elle tente désormais de se reconstruire. Elle a également écrit un livre dans lequel elle raconte son parcours et met en garde contre les dangers des arnaques sentimentales qui se multiplient sur internet. "Vous êtes dans une période de fragilité et il faut bien comprendre que c’est un métier pour eux. Eux, c’est leur métier, ils ont absolument toutes les ficelles pour ferrer leurs proies. Ils savent exactement ce qu’il faut dire, comment le dire et ils ciblent très bien les fragilités", avait-elle confié dans Ca commence aujourd'hui.
En portant cette affaire devant la justice, Anne Deneuchatel espère non seulement obtenir réparation, mais aussi attirer l'attention sur les failles potentielles du système bancaire qui pourraient permettre à de telles escroqueries de prospérer.