Affaire Pélicot : 105 hommes répondent favorablement à une annonce proposant d'abuser d'une femme endormie

Malgré le retentissement de l’affaire Pélicot, le combat pour le consentement est encore loin d’être gagné. Explications.

Publié le par Faustine Jehanne
Affaire Pélicot : 105 hommes répondent favorablement à une annonce proposant d'abuser d'une femme endormie
© AFP

Résumé de l'article

Le journaliste Hugo Meunier et la réalisatrice Cloé Giroux ont mené une expérience sociale aux conclusions glaçantes.

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L’affaire des viols de Mazan a bouleversé la France et marqué les consciences bien au-delà des frontières. Pendant des mois, le procès de Dominique Pélicot a révélé l’horreur : avoir drogué son épouse, Gisèle Pélicot, pendant plus de dix ans, puis organisé des viols collectifs impliquant des dizaines d’hommes. Alors qu'elle s'est battue dignement "pour que la honte change de camp", Gisèle Pélicot est devenue le visage d’une lutte contre l’impunité et la banalisation des violences sexuelles.

Face à ces atrocités, le journaliste québécois Hugo Meunier et la réalisatrice Cloé Giroux se sont alors penchés sur la question du consentement en réalisant une expérience sociale. Et selon eux, des centaines d'hommes seraient "prêts à coucher avec une femme endormie". Des conclusions glaçantes qui montrent à quel point le chemin vers une véritable prise de conscience collective reste encore long.

Affaire Pélicot : le consentement, un combat encore loin d’être gagné

En juillet dernier, nos confrères auraient publié une annonce sur le site Jalf, présenté comme une "plateforme de rencontre sociale dédiée au plaisir, sans jugement ni tabous". Le message, pour le moins choquant, laissait clairement entendre qu’il s’agissait d’inviter des hommes à avoir une relation sexuelle avec une femme inconsciente. Une proposition qui, sur le papier, semblait irréaliste, mais qui soulève de sérieuses questions sur les limites et la notion de consentement.

Et pour cause, si l’on pouvait penser que personne ne réagirait à une telle proposition, le constat est glaçant : en à peine 48 heures, 105 hommes auraient manifesté leur intérêt, rapporte Hugo Meunier, selon des informations relayées par Le Parisien et Closer. Un chiffre alarmant qui illustre tristement à quel point la notion de consentement reste encore largement ignorée et combien le chemin pour faire évoluer les mentalités est encore long. Et ce, malgré le retentissement de l'affaire Pélicot à travers le monde.

"Aucun problème" : des réponses glaçantes

Pour pousser son enquête plus loin, le journaliste aurait d'ailleurs décidé de recréer des conditions semblables à celles utilisées par Dominique Pélicot dans l’affaire Mazan, afin de tester si ce précédent judiciaire aurait un quelconque impact sur les réactions. Le verdict est glaçant : seules trois personnes ont parlé du consentement de la femme, et plus inquiétant encore, un seul homme a évoqué le risque légal avant d’aborder explicitement la notion de viol.

Même la perspective d’utiliser des somnifères pour que la femme reste endormie, et donc incapable de formuler clairement son consentement, n’a pas freiné l’enthousiasme des participants sur la plateforme. Certains ont répondu directement : "Aucun problème", tandis qu’un autre a ajouté : "Je m’adapte le plus à ce que tu aimes". Deux semaines après la mise en ligne de l’annonce, Hugo Meunier a finalement supprimé son profil ainsi que la publication, mettant un terme à cette expérience glaçante.

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