Affaire Mazan : des goutelettes de sang auraient pu sauver Gisèle Pélicot bien des années plus tôt

Condamné en 2024 pour les viols de Mazan, Dominique Pelicot aurait pu être arrêté bien des années plus tôt : la justice disposait déjà de preuves suffisantes pour agir. On vous résume.

Publié le par Faustine Jehanne
Affaire Mazan : des goutelettes de sang auraient pu sauver Gisèle Pélicot bien des années plus tôt
© Getty Images

Résumé de l'article

— En 2010, un lien ADN reliait déjà Dominique Pelicot à une tentative de viol à Villeparisis, mais aucune poursuite n’avait été lancée.

— Cette absence d’action judiciaire aurait pu éviter les crimes qu’il a ensuite commis sur son épouse.

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Le 19 décembre 2024 restera comme l’un des verdicts les plus marquants de l’année. À cette date, Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur son épouse, Gisèle Pelicot. Pendant près de dix ans, il a fait subir à son épouse un véritable enfer, la droguant pour que d’autres hommes la violent à son insu. Une horreur qui a marqué les esprits et largement fait la une des médias, jusqu’à attirer l’attention bien au-delà des frontières françaises.

Pourtant, ce drame aurait peut-être pu être évité : en 2010, un lien ADN reliait déjà Dominique Pelicot à une tentative de viol à Villeparisis, mais aucune poursuite n’avait été engagée. Ce retard judiciaire a alors permis au septuagénaire de continuer ses crimes sur son épouse pendant des années. En mai 2025, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé des comptes à l’Inspection générale de la justice, soulignant que l’homme aurait pu être mis hors d’état de nuire il y a des années.

Dominique Pelicot déjà repéré en 2010, bien avant l'affaire des viols de Mazan

En juillet 2010, Dominique Pelicot a été interpellé en région parisienne après avoir filmé des femmes à leur insu dans un supermarché. À la suite de cette arrestation, il a alors été contraint de faire inscrire son ADN au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), qui recense depuis 1998 les ADN des auteurs de certaines infractions et des personnes disparues. Cette inscription aurait donc pu jouer un rôle décisif pour empêcher ses crimes futurs.

À l'époque de cette première interpellation, un match a en effet été établi entre l’ADN de Dominique Pelicot et des gouttelettes de sang prélevées en 1999 à la suite d’une tentative de viol à Villeparisis, en Seine-et-Marne. En mai de cette année-là, Marion, une jeune agente immobilière de 19 ans, avait été victime d’un homme qui lui faisait visiter un appartement. Ce dernier avait alors tenté de l’endormir à l’aide d’un produit anesthésique, cutter à la main, mais elle était heureusement parvenue à s'enfuir.

Une erreur judiciaire aux conséquences gravissimes

À l’époque, le parquet de Meaux avait bien été informé de l’affaire, mais aucune poursuite n’avait été engagée contre Dominique Pelicot. Cette absence d’action a eu des conséquences dramatiques : si l’homme avait été inculpé dès 2010 pour la tentative de viol sur Marion, il est très probable que son épouse n’aurait jamais été victime des violences qu’il a commises pendant près de dix ans.

Aujourd’hui, Dominique Pelicot reconnaît son ADN dans cette ancienne affaire de Villeparisis, confirmant ainsi son implication. Mais le Mazanais reste également visé par une autre enquête, concernant le viol et le meurtre de Sophie Narme en 1991, une affaire pour laquelle il continue de nier toute responsabilité. Ces différents dossiers mettent désormais en lumière les conséquences tragiques d’une justice qui n’a pas agi plus tôt.

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