Déjà condamné pour les meurtres d’Arthur Noyer et de Maëlys, l’ancien militaire comparaît de nouveau ce jeudi 28 août devant le tribunal correctionnel de Colmar. Les faits remontent au 9 juin dernier, lors d’un parloir à la maison centrale d’Ensisheim (Haut-Rhin), où il purge sa peine depuis 2022.
Selon les images de vidéosurveillance, Lelandais aurait saisi sa compagne par le cou avant de lui tirer les cheveux, une agression qui se serait déroulée sous les yeux de leur enfant de 19 mois, conçu en détention. Les surveillants pénitentiaires sont intervenus pour mettre fin à la scène. L’accusé, qui encourt dix ans de réclusion criminelle, nie toujours toute intention violente.
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Les faits reprochés à Nordahl Lelandais
Lors de ce parloir mouvementé, les agents pénitentiaires ont dû intervenir après avoir entendu des cris. D’après le dossier, l’altercation aurait duré plusieurs minutes et aurait profondément marqué le contexte familial fragile du détenu. Le procureur de Colmar, Jean Richert, a rappelé lors d’une précédente audience la gravité de ces gestes commis devant un enfant en bas âge : « Une femme victime de son emprise et un enfant victime de devoir grandir avec une figure parentale épouvantable ». Une déclaration qui illustre la dangerosité persistante de l’accusé, déjà condamné à de lourdes peines.
Face aux accusations, Nordahl Lelandais adopte une ligne de défense particulière. Selon ses propos rapportés par 20 Minutes, il aurait expliqué que ses gestes n’étaient pas motivés par la violence, mais par une « démonstration » visant à montrer à sa compagne les risques qu’elle encourrait si elle pratiquait du sport seule à l’extérieur. Une explication qui n’a pas convaincu le ministère public, mais que sa compagne elle-même n’a pas contestée, puisqu’elle ne s’est pas constituée partie civile. Le prévenu plaide donc l’incompréhension, rejetant l’idée d’un geste volontairement brutal, tout en dénonçant la suspension de ses parloirs familiaux.
Un détenu en quête de réhabilitation d’image
Au-delà des faits de juin, ce procès s’inscrit dans un contexte où Nordahl Lelandais semble chercher à remodeler son image. Depuis février dernier, il ne porte plus officiellement le nom de Lelandais, mais celui de Nordahl Périnet. Ce changement, constaté par les journalistes lors d’une précédente audience, a suscité des réactions indignées. Pour Joachim De Araujo, le père de Maëlys, il s’agit d’« une tentative grossière de réécrire l’histoire », destinée à brouiller les repères et à atténuer le poids de son passé criminel. Interrogé, Nordahl Lelandais se défend en mettant en avant son rôle de père.
« Ma compagne et mon fils, qui demande tous les jours à m’avoir au téléphone, ont besoin de moi », a-t-il déclaré devant les juges. Cet argument souligne sa volonté de conserver un lien familial malgré son incarcération. Mais pour le parquet, cette posture masque mal une réalité plus sombre. De fait, même derrière les murs d’une prison, Nordahl Lelandais parvient encore à exercer une forme d’emprise et à multiplier les épisodes de violence. Ce constat alimente l’inquiétude des magistrats quant à sa capacité à changer réellement de comportement, ou non.
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