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La responsable d’une maison funéraire conservait les corps des bébés chez elle

par Lilou

La responsable d'une maison funéraire conservait les corps des bébés chez elle
Crédit photo : © Instagram

Un scandale funéraire secoue l’Angleterre après la découverte de corps de bébés conservés au domicile d’une responsable de pompes funèbres.

En janvier, Cody et Liam ont perdu leur fille Macie-Mae, née sans vie à l’hôpital de Leeds. Comme beaucoup de parents endeuillés, ils ont confié l’organisation des obsèques à une maison funéraire locale. Mais quelques jours plus tard, ils ont découvert avec stupeur que leur bébé n’avait pas été placé dans un funérarium, mais reposait dans le salon personnel de la responsable, Amie Upton.

Cette révélation, rapportée par la BBC, a bouleversé d’autres familles. Une mère a raconté avoir retrouvé son fils de trois semaines installé dans un transat, devant la télévision, chez cette femme de 38 ans. Pour beaucoup, la douleur du deuil s’est ainsi doublée d’un sentiment d’injustice et de trahison, leur enfant ayant été privé de ce qu’ils considèrent comme une ultime dignité.

Des familles plongées dans l’horreur

Pour Cody et Liam, la découverte a été insupportable. De fait, ils s’attendaient à se recueillir auprès de leur bébé dans une chambre funéraire. Mais au lieu de cela, ils ont trouvé Macie-Mae allongée sur un canapé familial, loin du cadre solennel qu’ils espéraient. « J’étais mortifiée. Je ne savais pas quoi dire, je ne savais pas quoi penser. C’était horrible », a confié Cody. Elle a ajouté que la scène donnait l’impression qu’Amie Upton s’était appropriée le rôle de mère. « Macie-Mae a été privée de dignité. Elle n’avait aucune dignité », a-t-elle déploré avec émotion. Toutefois, ces parents ne sont pas les seuls à avoir subi cette épreuve.

Une autre mère a déclaré avoir « hurlé » en découvrant son fils, mort à seulement trois semaines, installé comme un enfant vivant, dans un transat face à des dessins animés. Des récits glaçants qui mettent en lumière une douleur davantage amplifiée par le sentiment de voir son enfant instrumentalisé. Les témoignages recueillis par la BBC révèlent une atmosphère de trahison, où la confiance accordée à une professionnelle du deuil a été brisée de la manière la plus brutale. Mais pour beaucoup, cette affaire dépasse la simple erreur professionnelle. De fait, elle incarne une violation profonde de la relation entre familles endeuillées et services funéraires.

Drame funéraire et vide juridique inquiétant

Face au scandale, la police du West Yorkshire a mené des investigations sur l’établissement funéraire Florrie’s Army, tenu par Amie Upton. Pourtant, après des investigations approfondies, aucune infraction pénale n’a pu être retenue. La raison ? L’absence totale de cadre légal en Angleterre et au Pays de Galles concernant la conservation des corps. Dans ces régions, aucune réglementation n’impose la manière ou le lieu où les défunts doivent être gardés. De plus, nul besoin de qualification officielle pour exercer en tant qu’entrepreneur de pompes funèbres. Cette zone grise permet des dérives choquantes, comme l’illustre ce cas, sans qu’il soit possible d’y opposer des sanctions juridiques.

Mais ce n’est pas la première fois que le secteur funéraire britannique est pointé du doigt. En mars 2024, un vaste réseau de fraudes impliquant plusieurs funérariums avait déjà défrayé la chronique. Aujourd’hui, les familles touchées réclament un meilleur encadrement des pratiques. Le député travailliste de Leeds, Mark Sedwards, a promis de porter cette cause auprès du gouvernement. Pour lui, cette absence de règles alimente les abus et fragilise les plus vulnérables : des parents plongés dans un deuil déjà insoutenable. L’affaire Upton pourrait ainsi devenir un tournant dans le débat national sur la régulation des services funéraires en Angleterre.

Issue d'une formation littéraire, j'ai obtenu un Master spécialisé en culture et en communication. Cela m'a permis de m'orienter vers le journalisme. Plus particulièrement sur des sujets actu, sport et culture.